Unifa

Essor des capteurs et des biostimulants

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Peu de bouleversements sont prévus sur le secteur des engrais et des fertilisants pour le dernier semestre 2019, alors que les efforts dans la recherche d’une meilleure efficience se poursuivent. Le point avec Philippe Eveillard, directeur du pôle agronomie/environnement/statistiques à l’Unifa (Union des industries de la fertilisation).

Un marché convalescent après la crise de 2016

Avec 9,07 millions de tonnes livrées, les engrais minéraux et organo-minéraux enregistrent une progression de 2,3 % sur un an. Photo : C. Milou/Pixel Image

Après une campagne 2016-2017 particulièrement impactée par les mauvaises récoltes céréalières de l’année 2016, les statistiques annuelles des livraisons d’engrais et amendements de l’Unifa font apparaître une campagne 2017-2018 convalescente.

Des émissions d'ammoniac à réduire de 13% en 2030

L’une des principales mesures du plan est de réduire la volatilisation de l’ammoniac liée à l’épandage de matières fertilisantes, jusqu'à -13% en 2030. ©M. Lecourtier/Pixel Image

Le plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (Prepa) a été lancé en mai dernier. Pour le secteur agricole, il fixe des objectifs de réduction des émissions d’ammoniac liées à l’épandage de matières fertilisantes d’ici 2030.

Une campagne marquée par la crise

Florence Nys, déléguée générale de l'Unifa, Thierry Loyer, président et Henri Boyer, vice-président. ©Hélène Sauvage/Pixel Image

Avec 11,1 millions de tonnes d’engrais livrés sur la campagne 2016/2017 en France, la crise agricole a impacté la consommation d’engrais, mais dans une proportion moindre qu'attendue a indiqué l’Unifa à l’occasion de son point presse annuel du 24 octobre 2017. 

L’urée ne sera bientôt plus la bienvenue

Avec 17 % des tonnages d’azote lors de la campagne 2016-2017, l’urée grappille depuis dix ans des parts de marché à l’ammonitrate, qui représente encore 49 % des unités d’azote total. Photo : A. Lavoisier/Pixel image

L’urée serait-elle menacée par le plan de réduction des émissions de polluants atmosphériques ? À en croire les premiers éléments, l’intention est là. Mais aucune mesure incitative ne semble déployée pour réduire son usage. Sa compétitivité lui laisse encore de beaux jours devant elle.

Le prix avant l’innovation

Pour la campagne d’automne 2016, Gilles Poidevin, délégué général de l’Unifa, estime que le prix de l’azote devrait continuer de baisser, mais ceux du phosphore et du potassium devraient rester au même niveau. Unifa

Conséquence de la crise agricole, les agriculteurs limitent leurs apports de phosphore, potassium et engrais composés. Les innovations souffrent elles aussi, se limitant aux cultures spécialisées.

Surveiller les réserves du sol

L’évolution des apports minéraux de fond ont diminué d’environ 70% depuis les années 1980, mais la tendance serait à la stagnation.

Les engrais de fond sont (trop ?) souvent appréhendés par les agriculteurs comme un intrant secondaire. Depuis trente ans, les apports de phosphore et potassium décroissent.