En congrès régional

Le Négoce Centre-Est affiche ses valeurs

Les intervenants entourent la présidente de Négoce Centre-Est (de gauche à droite : François Cholat, Christophe Descréaux, Sébastien Picardat, directeur de la FNA, Valérie Poncet, François Bouteille et Pierre Gay). Photo : I. Aubert/Pixel image
Les intervenants entourent la présidente de Négoce Centre-Est (de gauche à droite : François Cholat, Christophe Descréaux, Sébastien Picardat, directeur de la FNA, Valérie Poncet, François Bouteille et Pierre Gay). Photo : I. Aubert/Pixel image

 

"Définir un système de valeurs partagées aide les PME que nous sommes à établir une relation de confiance avec les clients, les fournisseurs, les collaborateurs... Je veux être confiante dans notre capacité à nous adapter, car nous travaillons dans des métiers d'avenir." 

C'est par ces mots que Valérie Poncet (Ets Poncet, Loire) a clôturé le congrès régional du Négoce Centre-Est 2014. Présidente régionale depuis octobre 2013, elle a rappelé que l'organisation, née en 2011, regroupe désormais 80 entreprises de négoce dans cinq régions (l'Alsace et la Franche-Comté ayant rejoint la Bourgogne, l'Auvergne et Rhône-Alpes). Les adhérents représentent un chiffre d'affaires de 608 M€ pour l'activité d'appro-collecte du grain uniquement.

Cette année, le thème du congrès portait sur les valeurs de la réussite pour les PME. Près de 200 personnes, négociants et fournisseurs, ont pu bénéficier des conseils de François Bouteille, spécialiste du développement des entreprises, qui a livré son point de vue sur les trois conditions de la réussite pour une entreprise :

  • un système de valeurs explicite et partagé
  • une veille stratégique ou intelligence économique
  • des moyens humains et logistiques réalistes.

Un système de valeurs, c’est du vent, allez-vous rétorquer. Et bien pas du tout. Selon François Bouteille, c’est concret, pratique… et vérifiable. Voici deux exemples de valeurs : l’entreprise doit au minimum conserver ses clients d’une année sur l’autre. Ou encore, les délais et les engagements sont respectés. Un système de valeurs peut se composer de 30 à 40 phrases de ce genre.  

Prendre quelques heures pour y réfléchir, les faire partager aux collaborateurs et les afficher, peut améliorer les relations entre les personnes, qui apprennent à mieux s'apprécier.

Cela peut également permettre de mieux réussir ses recrutements. Parce que choisir un candidat qui adhère à vos valeurs diminuera sans aucun doute les conflits potentiels.

C'est le constat qu'a tiré Pierre Gay, de la Minoterie Gay (Saône-et-Loire). Ne se sentant plus le temps de réfléchir à ses priorités, il a pris conseil auprès de François Bouteille. Lequel l'a aidé à bâtir son système de valeurs. 

Au moment de remplacer le commercial farine qui prenait sa retraite, poste-clé pour l'entreprise, les valeurs de l'entreprise ont été intégrées dans les questions aux candidats potentiels.

Deux anciens boulangers et un commercial farine se sont présentés. A priori, Pierre Gay pensait plutôt recruter le commercial, qui connaissait déjà le métier. Mais en partageant ses valeurs, il s'est rendu compte du décalage avec ce candidat : il a finalement choisi un des anciens boulangers, qui lui correspondait mieux.

Après six mois de travail, l'intégration est parfaite. Il a développé les ventes et véhicule une très bonne image de l'entreprise et de ses valeurs, résume Pierre Gay.

Deuxième condition de réussite : la veille stratégique. Christophe Descréaux connaît bien le sujet. Dans son entreprise (Descreaux SAS, Allier), il a mis en place un système d'écoute client depuis 2003.

Grâce à cette veille structurée, il a pu organiser une filière blé riches en protéines, avec un industriel et un groupe d'agriculteurs choisis parmi ceux qui partageaient les valeurs de l'entreprise.

C'est une valorisation pour l'entreprise et ses clients, estime le dirigeant.

Enfin, troisième condition : des moyens humains et logistique adaptés.

François Cholat a présenté l'exemple de la Maison François Cholat (Isère), principalement connue pour sa marque d'aliments, "le Père François" et son activité meunerie, mais dont l'activité principale est en fait l'appro-collecte.

L'entreprise a pour projet de construire un nouveau site dans le département de l'Ain, premier département céréalier de Rhône-Alpes. L'investissement sera de 1 M€ dans un premier temps, réalisé en partenariat avec une petite société.

Car le meilleur moment pour investir, c'est quand tout va bien, a rappelé le président.