Rhône-Alpes

Fusion à l’étude entre Dauphinoise et Terre d’Alliances

Jean-Yves Colomb (président de la coopérative Dauphinoise) et Georges Boixo (directeur) vont mettre au vote la fusion avec Terre d’Alliances en 2020. CP : DR
Jean-Yves Colomb (président de la coopérative Dauphinoise) et Georges Boixo (directeur) vont mettre au vote la fusion avec Terre d’Alliances en 2020. CP : DR

Le mot est lâché : un an et demi après la création de l’union Oxyane, les conseils d’administration de la coopérative Dauphinoise et de Terre d’Alliances ont décidé d’étudier la fusion des deux entreprises. La mise au vote est prévue pour janvier 2020. L’ensemble ainsi créé représenterait environ 600 M€ de CA. Cette fusion, si elle est approuvée, se fera sans plan de sauvegarde de l’emploi.

Selon Jean-Yves Colomb, président de la coopérative Dauphinoise :

« Pendant cette première année de fonctionnement en commun, nous avons vérifié que l’union avec Terre d’Alliances nous permettait bien de réaliser des économies… Mais que ce modèle n’était pas si simple, parce qu’il double toutes les instances de gouvernance. Aussi, nous avons mis la fusion à l’ordre du jour. Nous avons maintenant un an pour présenter le projet et emmener nos adhérents. »

Georges Boixo, directeur, complète :

« Cela nous amènerait des capacités d’investissement supérieures, tout en conservant des centres de décision dans notre région. »

 
Exercice « satisfaisant »

En attendant, les dirigeants de la coopérative Dauphinoise ont qualifié l’exercice 2017-2018 de « satisfaisant », avec un chiffre d’affaires consolidé de 440 M€ (+ 2%), pour une collecte de 384 438 t. L’entreprise a continué de réduire son endettement de 25 M€ en deux ans, tout en augmentant ses capitaux propres de 14 M€ sur la même période. Ces améliorations ne se sont pas faites au détriment des adhérents, souligne le président. L’EBE s’établit à 23 M€ et le résultat courant avant impôt à 4,5 M€ (+20 %).

Les investissements, qui avaient été limités l’exercice précédent, ont retrouvé un niveau plus élevé en 2017-2018 (8 M€). 12 M€ sont prévus pour 2018-2019, dont la construction d’un silo à Chatte (38) et d’un magasin Gamm Vert à Tullins.

 
Un tiers de la collecte sous contrats

La valorisation locale des céréales demeure une priorité pour la coopérative, qui a signé deux nouveaux contrats pluriannuels en 2017-2018 : l’un pour une filière qualité Carrefour, qui concerne 2 000 t d’épeautre, soit 400 ha, l’autre pour la fourniture d’environ 2 000 t de blé HVE qui se retrouvera dans la baguette Intermarché. Pour ce contrat, les partenaires ont utilisé la méthode préconisée par les États généraux de l’alimentation, à savoir le calcul du prix d’achat à partir des coûts de production des agriculteurs (et non pas en majorant les prix mondiaux).

Au total, la contractualisation a concerné 16 260 ha, soit 30 % de la collecte en 2017 et une valorisation supplémentaire de 2 M€ pour les adhérents. Ces derniers bénéficient par ailleurs d’un nouvel extranet depuis le 1er janvier 2018, d’où ils peuvent gérer le choix entre les différents types de contrats de collecte proposés par la coopérative pour sécuriser leurs revenus.

 
Un plan d’accompagnement à la bio

Parmi les autres faits marquants, la réorientation de la production d’œufs vers du bio, plein air ou sur sol se poursuit : dix bâtiments de poules pondeuses ont été mis en place en 2017+2018. Plus de 15 projets ont été identifiés en 2019, et une trentaine en 2020. 

La Dauphinoise a calculé que, rien que pour satisfaire la demande actuelle en bio pour le pôle œuf et l’alimentation humaine, il serait nécessaire de doubler la production actuelle. Aussi, un plan d’accompagnement à la bio existe depuis 2017-2018, avec des aides à la trésorerie, des formations, du conseil, et un prix de base sécurisé pour la deuxième année de conversion.