John Kerry, 68e secrétaire d’État des États-Unis

«  Tenir compte des pratiques agricoles régénératrices »

« Nous avons besoin de plus d’audace, de croire en nous, et faire le travail, en exploitant les technologies, le génie de l’innovation, la créativité de l’esprit humain et nous résoudrons ce problème », explique John Kerry. CP : Géraldine Aresteanu.
« Nous avons besoin de plus d’audace, de croire en nous, et faire le travail, en exploitant les technologies, le génie de l’innovation, la créativité de l’esprit humain et nous résoudrons ce problème », explique John Kerry. CP : Géraldine Aresteanu.

Après Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations unies de 2007 à 2016, grand témoin de la convention annuelle d’InVivo en 2018, c’est John Kerry, 68e secrétaire d’État des États-Unis entre  2013 et  2017, qui est intervenu en décembre dernier. Il a également postfacé le livre « 2030 by InVivo  ».

John Kerry a signé l’accord de Paris en 2016 lorsqu’il était secrétaire d’État des États-Unis sous la présidence de Barack Obama. D’ailleurs, il avait sa petite-fille sur ses genoux lors de la signature, signe que le climat est également une priorité pour les générations futures. En 2019, il a lancé World War Zero, une coalition contre le dérèglement climatique. Retour sur son intervention lors de la convention d’InVivo en décembre dernier. «  Le thème Cap sur 2030 souligne l’urgence et l’ampleur du défi qui se dresse face à nous. C’est un défi aux multiples facettes. Je reviens de la conférence sur le climat qui s’est déroulée à Madrid. 2030 nous rappelle à tous le contexte des accords de Paris que j’avais eu le privilège de négocier pour les États-Unis. Tous dans l’agriculture, du paysan au chef d’entreprise, savent par expérience que le changement climatique déséquilibre déjà tout : nutriments, qualité des sols, disponibilité de l’eau et toutes les conditions qui permettent de faire pousser la nourriture. Cette nourriture qui dépend de la planète. Alors, à quoi ressemblera notre avenir ? Quand on sait qu’au cours des 30 prochaines années, la population passera de 7 à 9 milliards. Et tout le monde a besoin de nourriture saine pour survivre. Il faudra bien sûr plus de nourriture, tout le monde est d’accord sur ce point. Et nous devrons le faire d’une manière qui tienne compte des pratiques agricoles régénératrices. Selon les estimations, la production alimentaire devra augmenter de 60 % d’ici 2050, le minimum indispensable pour nourrir toutes les bouches. Mais la culture alimentaire et l’élevage ne sont qu’une partie du défi. Mes amis, vous appartenez à une grande coopérative, avec un grand potentiel, et je vous demande de vous rappeler ceci  : si vous vous sentez pessimistes et que vous ne pensez pas y arriver, rappelez-vous ces mots du grand boxer Mohamed Ali qui disait “l’impossible n’est pas un fait, c’est une opinion. L’impossible n’est pas une déclaration, c’est une audace.” Nous avons besoin de plus d’audace, de croire en nous, et faire le travail, en exploitant les technologies, le génie de l’innovation, la créativité de l’esprit humain et nous résoudrons ce problème. Mais nous avons besoin de leadership, et vous êtes des leaders. Nous avons besoin de vous.  »