Comifer-Gemas

Deux jours d'échanges, partages et discussions

Les XIIes rencontres de la fertilisation raisonnée et de l'analyse se tiendront à Lyon les 18 et 19 novembre 2015. L.Theeten/Pixagri
Les XIIes rencontres de la fertilisation raisonnée et de l'analyse se tiendront à Lyon les 18 et 19 novembre 2015. L.Theeten/Pixagri

Le Comifer et le Gemas organisent leurs XIIes rencontres de la fertilisation raisonnée et de l’analyse à Lyon les 18 et 19 novembre prochains. Deux jours pour faire état de l’art de la fertilisation, mais aussi pour discuter, échanger et partager. Rencontre avec les deux présidents, Christine Le Souder, présidente du Comifer, et François Servain, président du Gemas.

Depuis 1993, les rencontres de la fertilisation raisonnée et de l’analyse sont organisées par le Comifer et le Gemas, pouvez-vous nous présenter en quelques mots vos différentes structures ?

François Servain : Le Gemas (Groupement d’études méthodologiques pour l’analyse des sols) compte aujourd’hui 24 laboratoires. Il a été créé en 1978 avec l’objectif d’améliorer la qualité et la fiabilité des résultats des analyses de terre grâce à la standardisation des protocoles analytiques et à l’organisation d’intercomparaisons systématiques. Nous sommes à l’initiative des premières Journées de l’analyse de terre à Blois en 1987, qui sont devenues en 1993 les premières Rencontres de la fertilisation raisonnée et de l’analyse de terre en copilotage avec le Comifer. Sachant que le Comifer avait déjà eu de son côté quatre éditions de forum de la fertilisation raisonnée.  

Christine Le Souder : Le Comifer (Comité français d’étude et de développement de la fertilisation raisonnée) est une association créée en 1980. Il a pour mission de réunir et de développer les contacts entre tous ceux qui souhaitent échanger sur la fertilisation. Nous avons des groupes de travail thématiques qui se réunissent deux à trois fois par an. Trois collèges siègent au conseil d’administration : le premier collège regroupe les organismes publics administratifs et de la recherche et de l’enseignement (ministère de l’Agriculture, Inra…) ; dans le deuxième collège sont représentés les OPA, instituts techniques, chambres d’agriculture… Et enfin, le troisième regroupe les organismes économiques, coopératives, négoces et industriels. Nos missions sont de favoriser les débats et de produire des références consensuelles, de fournir des méthodes et des documents pour aider tous ceux qui interviennent dans le champ de la fertilisation.

À qui s’adressent ces journées et quels en sont les objectifs ?

Christine Le Souder : Depuis trois éditions, nous ne souhaitons pas viser un thème en particulier mais plutôt l’exhaustivité autour du sujet de la fertilisation en mettant en avant les nouveautés, qu’elles soient de l’ordre de la technique ou de la connaissance. Autre objectif et pas des moindres, la facilitation des échanges et des partages. Au cœur de ces rencontres, le leitmotiv c’est aussi la convivialité et le temps laissé aux participants pour promouvoir les rencontres et les discussions.

François Servain : Beaucoup de colloques s’adressent à un public de scientifiques. Ces rencontres regroupent des participants d’origines très variées, tous les professionnels qui touchent de près ou de loin à la fertilisation. L’objectif in fine est de proposer des méthodes, outils transposables rapidement sur le terrain.

Il semble que dans les milieux avertis, le succès de ces journées ne se dément pas ?

Christine Le Souder : Historiquement, ces rencontres étaient organisées à Blois (41), néanmoins nous avons voulu les ouvrir géographiquement. Mais quand bien même (cette année à Lyon) nous nous sommes excentrés d’une région plutôt à dominante grande culture, tout le monde a répondu présent. Nous avons reçu beaucoup de demandes de communication orale, demandes que nous ne pouvons toutes satisfaire sur deux jours de rencontres. Certaines se font donc sous la forme de poster, et cette édition aura la particularité d’être très riche en posters.

François Servain : En effet, d’une part sur la qualité des interventions et des participants, et d’autre part nous avons de plus en plus de demandes de participation et/ou de communications en provenance des pays étrangers principalement francophones, Belgique, Suisse, Afrique du Nord voire Canada, et nos voisins européens aussi. Ce colloque est visible pour les francophones, nous attendons pour cette année entre 400 et 500 participants.

Cette année 2015 a été désignée comme année internationale des sols par l’Onu. Et moins de deux semaines après vos rencontres aura lieu à Paris la COP21. Quelle place pour la fertilisation dans ces grands enjeux ?

François Servain : La fertilisation ajustée et raisonnée doit faire partie des réponses à apporter au défi climatique. Fertilisées au mieux, les productions agricoles peuvent contribuer au stockage de carbone dans les sols. Et qui dit fertilisation, dit aussi fertilisation organique. Qu’elle soit issue de l’élevage ou des résidus de culture, elle contribue aussi à stocker le carbone et limiter les émissions de GES, on l’oublie trop souvent, mais c’est un levier important dans le sujet qui nous préoccupe. Une meilleure prise en compte de ces fournitures est nécessaire et l’analyse de la composition des intrants peut y concourir.

Christine Le Souder : Dans cette édition 2015, deux sessions seront consacrées à ces thèmes en particulier. En effet, les pratiques de fertilisation peuvent avoir un impact sur la qualité de l’air et du sol et nous avons un rôle à jouer pour répondre à ces défis. En premier lieu, nous avons à cœur, via l’expérimentation, de bien appréhender chacune des pratiques pour identifier les points critiques et les leviers techniques à mobiliser. Par ailleurs, nous travaillons à trouver des solutions et des outils qui permettent d’ajuster au mieux la fertilisation afin de limiter les risques d’effets néfastes sur l’environnement.