BASF

Une innovation fongicide en céréales à paille attendue pour 2020

La nouvelle solution proposée par BASF à base d'isopropanol-azole protège les deux dernières feuilles de la septoriose.
La nouvelle solution proposée par BASF à base d'isopropanol-azole protège les deux dernières feuilles de la septoriose. CP : Hélène Sauvage Media et agriculture

Mardi 25 juin 2019, BASF avait donné rendez-vous à la presse sur son site expérimental du Vexin Normand à Écouis (27) pour parler du premier isopropanol-azole (nouvelle classe dans la famille des triazoles) en essai aux champs. L’approbation européenne a été obtenue début 2019, la firme attend l’AMM française ces prochains mois. « C’est une innovation importante pour BASF permettant de répondre aux enjeux de lutte contre la septoriose en céréales et aux besoins des agriculteurs. Dans le contexte actuel, disparition des molécules, développement des résistances, nous apportons une solution efficace, souple et susceptible de réduire l’empreinte sur l’écosystème afin de répondre aux attentes sociétales», introduit Jérôme Tournier, responsable du pôle céréales.

Mais quelles sont les particularités de cette nouvelle molécule ? « C’est d’abord un long travail de recherche et développement, explique Yves Morvan, directeur technique avant de poursuivre, nous sommes convaincus que la famille des triazole doit rester le pivot de la lutte fongicide. La particularité même de cette molécule, c’est sa structure. C’est un point essentiel quant à son affinité avec le site de fixation sur le champignon. La molécule peut ainsi adopter plusieurs positions, elle est donc moins sujette aux apparitions de résistances. Toutes les souches connues de septoriose sont contrôlées par cette nouvelle triazole. »

Cette triazole sera proposée en association avec Xemium® (SDHI). Selon la firme, cette nouvelle solution sera polyvalente sur un large spectre de pathogènes pour le blé, l’orge et l’avoine.

Comme le rappellent les experts, la période d’incubation de la septoriose est de 21 jours, mais en fonction des contextes pédoclimatiques, des contraintes des agriculteurs, la durée entre le T1 et le T2 peut dépasser les 21 jours. Les équipes terrain de la firme allemande ont testé, sur la plateforme normande, la performance de cette solution en situation difficile. « Nous obtenons pour l’heure des résultats très satisfaisants, confirmant que l’association de ces deux molécules permet de protéger plus longtemps, ce qui est gage de souplesse pour les agriculteurs », explique Laurent Batel, responsable technique chez BASF. Par ailleurs, des essais concluants ont été menés sur la possibilité de se passer d’un T1, d’en diminuer la dose, voire d’utiliser un produit de biocontrôle. « Ainsi nous apportons à l’agriculteur des solutions qui lui permettent de limiter les traitements, afin de satisfaire les objectifs économique et environnemental », résume Jérôme Tournier.

BASF espère lancer cette nouvelle solution pour le printemps 2020.