Usipa

La filière amidonnière se projette dans « le monde d’après »

La filière amidonnière française constitue un débouché sécurisé pour 6 millions de tonnes de matières premières françaises et 15 000 exploitations de grandes cultures. CP : SOLLUB/Adobe Stock
La filière amidonnière française constitue un débouché sécurisé pour 6 millions de tonnes de matières premières françaises et 15 000 exploitations de grandes cultures. CP : SOLLUB/Adobe Stock

Fin septembre, l’Usipa, l’Union des syndicats des industries des produits amylacées et ses dérivés, tenait sa conférence de presse annuelle.

L’occasion pour la présidente Marie-Laure Empinet et pour le délégué général Thomas Gauthier de rappeler que la filière amidonnière valorise six millions de tonnes de matières agricoles françaises (2,1 millions de tonnes de maïs, 2,7 millions de tonnes de blé et 1,2 million de tonnes de pois protéagineux et de pommes de terre). En 2019, la filière a réalisé un chiffre d’affaires de 3,1 milliards d’euros, dont 75 % à l’export.

Le secteur se caractérise par une grande diversité des ingrédients commercialisés. Au cours des dernières années, des tendances se dégagent sur les différents débouchés. En effet, la production de gluten et de maltodextrine connaît une forte croissance depuis 2012, respectivement de 37 % et de 45%. La production d’amidon reste stable, tandis que celle de glucose accuse une baisse de 37 % entre 2012 et 2019.

La crise sanitaire a permis de mettre en avant le secteur : « Les entreprises de la filière ont été reconnues comme essentielles et traitées en priorité pour accompagner leur fonctionnement » indique Thomas Gautier. En effet, pendant la période de confinement, le retour au fait maison a largement profité au secteur. Par exemple, la consommation des aides culinaires, comme la maïzena, a bondi de 123 % au mois d’avril. La filière amidonnière est aussi investie dans le secteur de la santé (production de gel hydroalcoolique et par le biais de poches de dialyse qui nécessitent de la maltodextrine).

« Les entreprises du secteur se sont mobilisées et se sont réorganisées. Nous sommes fiers de dire que nous avons su relever les défis, même si cela a engendré un surcoût à la production », résume Thomas Gautier.

« Penser au monde d’après »

Dans le cadre du plan de relance doté de 300 milliards d’euros, l’amidonnerie est particulièrement concernée car elle est impliquée dans deux secteurs stratégiques, à savoir l’agriculture et l’alimentation. Ses représentants précisent qu’ils attendent de la visibilité concernant la stratégie nationale sur les protéines végétales.

Autre point de vigilance : la traduction du plan de développement du fret ferroviaire prévu dans la loi LOM (loi d’orientation des mobilités) du plan de relance. Thomas Gautier rappelle à ce sujet que les menaces pèsent sur les lignes de désertes fines. Dans les faits « 590 kilomètres ont une pérennité inférieure à cinq ans et 397 kilomètres en ont une inférieure à deux ans ». Ce secteur est particulièrement stratégique pour la filière amidonnière, car 50 % des approvisionnements se font par le fret ferroviaire. « Il est neuf fois moins émissif en CO2 que le transport routier. Grâce au développement de ce genre de transport alternatif, la filière a fait baisser de 20 % ses émissions entre 2002 et 2015. Cette diminution est aussi le fruit d’une meilleure efficacité énergétique dans les usines et d'une augmentation de l’approvisionnement en énergie renouvelable », détaille Thomas Gautier.