Unicor

Un recentrage malgré les bons résultats

Unicor souhaite revoir le développement de son enseigne Les Halles de l'Aveyron sur un modèle de magasins plus petits, recentrés sur une offre territoriale qualitative et situés en cœur de ville. CP : Unicor.
Unicor souhaite revoir le développement de son enseigne Les Halles de l'Aveyron sur un modèle de magasins plus petits, recentrés sur une offre territoriale qualitative et situés en cœur de ville. CP : Unicor.

Sur son périmètre strictement coopératif, Unicor (7000 adhérents, siège à Rodez) affiche un résultat net de 1,4 M€. Sur celui de filiales intégrées, son résultat net est de 1,6 M€. Après plusieurs années de juste équilibre et un exercice 2018 extrêmement compliqué, le bilan est donc en très forte progression. Au niveau du groupe, l’EBITDA consolidé est de 7,8 M€, en progression de 37,2%, pour un chiffre d’affaires 372,2 M€. Les difficultés des sociétés mises en équivalence ramènent le résultat net consolidé à 37 K€, précise le communiqué.

Les bons chiffres de la coopérative s’expliquent tout d’abord par la dynamique sur ses activités historiques. Celle des produits du sol, portée notamment par la progression en engrais (de 1468 tonnes), croît de 7,5%. En nutrition animale, l’activité a connu une belle croissance (134 677 tonnes, soit une hausse de 5,2%) grâce à la progression en volaille (+ 16,2%), en porc (+ 13,3%) et en bovin viande (+ 5,7%). Les activités liées à l’équipement des exploitations affichent également de bons résultats. Ainsi, Cadauma (concessionnaire Fendt et Valtra) confirme un redressement amorcé en 2018 avec un chiffre d’affaires de 32 508 K€ et 124 tracteurs neufs vendus, a précisé Denis Simon, directeur général du groupe Unicor. Les résultats des productions animales sont en demi-teinte, avec un repli de la collecte en agneaux français, de 7,9 % avec 508 973 têtes. En bovin, la coopérative a commercialisé 66 054 têtes (-1 %), a chiffré Jean-Claude Virenque, éleveur à Comps-la-Grand-Ville et président d’Unicor. L’activité palmipède maintient une croissance soutenue à deux chiffres sur un marché national où les géants du secteur connaissent de grandes difficultés, grâce à un positionnement marketing territorial et premium, adossé à un cahier des charges de production contraignant mais porteur. Sur son réseau de 45 magasins Point vert/Magasin vert en libre-service agricole et jardinerie, Unicor poursuit sa progression (+1,3 %).

Enfin, dans Les Halles de l’Aveyron, la situation est contrastée. Le magasin de Rodez conforte sa vitesse de croisière avec un peu moins de quatre millions de CA, tandis que celui d’Herblay, confronté à une concurrence exacerbée, tire son épingle du jeu (6067 K€ de CA) grâce, notamment, au développement de nouveaux services : traiteur, sandwichs fermiers, etc. Quant au magasin de Saint-Gratien, malgré des efforts redoublés, les résultats ne sont pas au rendez-vous. « Nous croyons plus que jamais au modèle des Halles de l’Aveyron comme un outil de valorisation des productions agricoles des adhérents de la coopérative, confirme Jean-Claude Virenque. Mais force est de constater que le modèle du grand magasin en zone commerciale n’est pas conforme aux attentes de nos clients. Nous avons donc décidé de développer l’enseigne sur un modèle de magasins plus petits et situés en cœur de ville, recentrés sur une offre territoriale qualitative. Nous serons sans doute en mesure de faire des annonces concrètes dans les prochaines semaines. D’autres pistes sont également à l’étude, telle que la franchise ou le e-commerce. »

Recentrage

Si pendant plusieurs années, Unicor a opté pour une stratégie de croissance externe forte, le moment du recentrage et de l’optimisation était venu, a insisté Denis Simon : « Nous avons mis en place un plan d’adaptation visant à maîtriser nos charges externes et à améliorer notre productivité. » Il a aussi été décidé de fermer trois magasins non rentables en dehors du territoire et de ne pas remplacer certains départs à la retraite. L’ensemble de ce dispositif a permis au groupe de réaliser une économie de 1 845 K€ de charges externes et de ne pas renouveler 59 équivalents temps pleins. « Il s’agissait de décisions difficiles mais salutaires. Elles ont permis d’assainir la situation et de remettre le groupe sur les voies d’une rentabilité exemplaire dans notre environnement », a évoqué le directeur.

Sur l’avenir de Caussade Semences, dont Unicor est actionnaire, la nomination de Pierre Flye Sainte Marie à la tête de l’entreprise semencière doit permettre de « trouver un partenaire afin d’atteindre la taille critique nous permettant d’être pertinent en R&D et légitime sur le marché international, a évoqué le président de la coopérative Unicor. Nous pouvons dire aujourd’hui que c’est en très bonne voie. » Caussades Semences Group et Euralis Semences ont en effet validé, au travers de leur conseil d’administration respectif, un rapprochement. Quand le projet sera mené à terme, la nouvelle entité deviendra le dixième semencier sur le marché mondial et le troisième au niveau européen.