Un partenariat entre régions et coopératives

Lors de l'assemblée générale de Coop de France Aquitaine qui s'est tenue le 10 juillet dernier, un débat a eu lieu sur la réforme territoriale et la place de la coopération agricole dans ces nouveaux schémas.

Entre Philippe Mangin, président de Coop de France et Alain Rousset, président du Conseil régional d'Aquitaine et de l’Association des régions de France (ARF), une volonté commune de s’engager dans le difficile parcours de la décentralisation s'est affichée. Cette volonté devrait déboucher sur la signature d’une convention cadre entre l’ARF et Coop de France, avant fin 2014.

L’objectif ? Établir les bases d’un partenariat renforcé entre les conseils régionaux et les fédérations régionales de coopératives et « confronter les synergies possibles entre le modèle économique des coopératives agricoles ancrées dans leurs territoires, et les ambitions de cette réforme territoriale qui ne doit pas se limiter à une nouvelle cartographie de notre pays », précise Jean-Pierre Raynaud, président de Coop de France Aquitaine et vice-président du Conseil régional d’Aquitaine.

Des avis divergents sur la réforme territoriale

Le président de CDF Aquitaine est pour sa part favorable à une réforme qui donnera aux régions « une compétitivité européenne et internationale ».

Pour Philippe Mangin aussi, la réforme est nécessaire :

Je suis assez partisan d’une restructuration plus importante, avec moins de régions. Coop de France a structuré son réseau en sept régions. Nous allons nous adapter aux nouveaux territoires.

En revanche, Alain Rousset n’est pas partisan des grandes régions :

Plus on éloigne le pouvoir des acteurs économiques, plus on va lentement.

À ce sujet, Philippe Mangin ajoute :

Les départements doivent être davantage animés par les régions que par l’État. Dans la relation avec les coopératives, les régions sont plus efficaces que l’État et les moyens d’accompagnements sont supérieurs.

La simplification des procédures, un enjeu statégique

Sur un tout autre sujet, le président de Coop de France témoignait néanmoins son approbation au premier ministre concernant l’allègement des charges coopératives en supprimant la C3S (contribution sociale de solidarité des sociétés).

Même si ce n’est pas équivalent au CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), on considère que c’est une première étape.

Enfin, Alain Rousset a appellé à une simplification de procédures dépendantes de l’administration française:

  • pour l’agriculture biologique, les contraintes nationales sont pénalisantes par rapport à l’Allemagne,
  • pour la fabrication des palettes de bois avec des traitements plus exigeants en France qu’au Portugal,
  • pour la création d’un méthaniseur qui demande 5 ans en France contre une année en Allemagne,
  • pour la mise en place de retenues collinaires…

« L’administration centrale produit des règles pour exister », résume Alain Rousset pour qui la simplification est un enjeu stratégique.