Siclaé

Concentrer les capitaux sur des axes prioritaires

De droite à gauche : Pascal Prot, président du groupe Vivescia ; Alain Le Floch, directeur général du groupe Vivescia, et Paul Roux, co-gérant de Siclaé.
M. Lecourtier/Pixel Image

En fin d’année 2013, Siclaé a levé 61,5 millions d’euros par le biais d’une émission d’obligations convertibles en actions. Une manne qui va être dédiée au développement des activités de malterie et de panification de la holding. Pascal Prot, président de Sicom et du groupe coopératif Vivescia, n’est pas favorable à l’introduction de la holding Siclaé en bourse pour lever les fonds nécessaires à son développement. À cette solution radicale, les dirigeants de Siclaé ont préféré, selon Paul Roux, co-gérant de Siclaé:

Franchir des étapes qui permettent d’offrir un retour aux acteurs légitimes de notre développement que sont les agriculteurs et les collaborateurs de Siclaé, de ses filiales et de ses actionnaires.

C’est vers eux que les dirigeants de Siclaé veulent orienter les richesses créées par les métiers de transformation du groupe. À cet effet, la holding leur a ouvert son capital en 2010. 2300 personnes physiques y ont souscrit. Fort de ce premier succès, les dirigeants de Siclaé ont réalisé une offre publique d’émission d’obligations convertibles en actions (OCA).

Nous souhaitions par ce biais renforcer la proximité de Siclaé avec les agriculteurs et les salariés d’une part. D’autre part, augmenter les fonds propres de la structure. Une ambition qui fut totalement satisfaite à la fin de l’opération par la levée de 61,5 millions d’euros. Dix pour cent de la somme ont été levés auprès des adhérents des coopératives actionnaires de Siclaé, de leurs salariés ainsi que des salariés des filiales de la holding. La contribution moyenne de chaque personne physique s’élève à 9000 euros.

Ces OCA Siclaé peuvent être converties en actions à tout moment. Sans conversion par leurs détenteurs, les obligations seront valorisées à hauteur de 3,75% chaque année jusqu’à leur échéance dans sept ans. Une prime supplémentaire de 1,25% par an sera versée à la date d’échéance.

Notre objectif désormais est la conversion de la très grande majorité des 569500 obligations en actions. Pour ce faire, Siclaé doit prendre de la valeur jusqu’à déplacer le point d’équilibre entre les obligations et les actions. Une obligation vaut 108 euros et donne droit à quatre actions d’une valeur théorique de 27 euros. Le titre Siclaé atteint aujourd’hui 23,74 euros. Il est donc de notre devoir d’arriver le plus rapidement possible au seuil de déclenchement afin de donner un appétit à la conversion!

Investir pour créer de la valeur ajoutée

En attendant une hausse de la valeur du titre Siclaé, les dirigeants de la holding veulent faire bon usage de cette dernière levée de fond afin de créer de la richesse au sein du groupe. Les activités de malterie et de panification sont particulièrement ciblées. Les capitaux seront concentrés sur ces deux axes prioritaires. Concernant la malterie, c’est un espace de jeu mondial car les brasseurs sont des acteurs mondiaux. Alain Le Floch, président du conseil de gérance de Siclaé:

L’Europe et l’Amérique du Nord sont des marchés matures. L’Inde, l’Asie du Sud-Est, l’Afrique et l’Amérique latine sont au contraire des marchés prometteurs. La faible implantation de malteries dans ces régions nous oblige à mettre en place des stratégies de collaboration avec les brasseurs pour investir ces marchés. Si ces alliances n’ont pas que des qualités, elles permettent un développement plus rapide.

À propos de la panification et de Nutrixo dont l’avenir reste à dessiner, l’agenda est dynamique et plutôt bien rempli.

Une usine de viennoiserie à la française a été construire il y a moins d’un an en Thaïlande afin d’approvisionner les lieux touristiques du pays. Plus proche de chez nous, une ligne de production de croissants est en cours de fabrication à Roman-sur-Isère. Elle sera en service à la fin de l’été. Elle a pour vocation à alimenter les marchés de l’Europe du Sud. Environ 500 millions de croissants sortiront de cette ligne de fabrication chaque année pour un investissement de 25 millions d’euros. Un investissement d’une valeur similaire a été consenti à Southall à proximité de Londres en Angleterre pour la mise en place d’une ligne de fabrication de pains sur sole surgelés. Mise en service d’ici le quatrième trimestre 2014, cette ligne de production fabriquera 30000 tonnes de pains chaque année, soit l’équivalent de 200 millions de baguettes. Elle alimentera particulièrement les moyennes et grandes surfaces d’Angleterre.