Rhône Saône engrais

Un engrais azoté produit localement

Rhône Saône engrais a produit 3 500 t de Novius en 2015 et vise une production de 6 000 t en 2016.
Rhône Saône engrais a produit 3 500 t de Novius en 2015 et vise une production de 6 000 t en 2016. Photo : I. Aubert/pixel image

Proposer un engrais azoté local, efficace et moins coûteux à ses adhérents : c’est le choix qu’a effectué Terre d’Alliances depuis un an, avec la création d’une unité d’enrobage de l’urée à Villefranche-sur-Saône. Avec un gain au niveau logistique aussi.

Il y a trois ans, la fin de la "prime train" à l’ammonitrate a déstabilisé le modèle économique des plateformes de stockage d’engrais. À cette même période, InVivo a proposé une nouvelle solution à ses adhérents pour retarder la volatilisation de l’urée : l’enrobage par du NBPT (n-butyl thiophosphorique triamide). Terre d’Alliances, qui exploite une plateforme à Villefranche-sur-Saône avec plusieurs autres coopératives d’approvisionnement de la région1, a saisi l'occasion. Après avoir vérifié, grâce à des essais locaux, l’intérêt agronomique de cet engrais, la décision a été prise d’équiper Rhône Saône engrais (RSE) d’une unité d’enrobage de l’urée, pour produire du Novius/Azena sous licence InVivo, en novembre 2014 (lire notre article).

L’objectif ? Fournir aux adhérents une solution efficace, compétitive, écologiquement correcte et fabriquée localement. La campagne 2015/2016 a permis de produire 3 500 t, commercialisées 5 à 10 % moins cher que l’ammonitrate auprès des agriculteurs. La production devrait dépasser 7 000 t en 2016. Le Novius/Azena cumule les atouts de l’urée (formule plus concentrée en azote, prix, facilité de stockage) sans les inconvénients (perte d’unités fertilisante par volatilisation, hétérogénéité de calibrage). Un site a été mis en place pour faciliter les réglages des épandeurs à engrais des utilisateurs (novius-engrais.com ou azena-engrais.com). En saisissant le numéro de lot et le modèle de leur épandeur, les agriculteurs retrouvent les conseils de réglage pour un épandage optimisé.

Gain logistique

"Au niveau logistique, nous sécurisons l’approvisionnement de nos adhérents en engrais azoté et nous évitons une rupture de charge par rapport à notre ancien système", se félicite Fabrice Gaillard, directeur de RSE.

Le site dispose en effet d’un embranchement fluvial, routier et ferré. Les bateaux descendent le grain à Fos-sur-Mer en partance pour la Méditerranée. Ils remontent de l’urée, en provenance des pays producteurs (Algérie, Égypte, Russie).

 

 

L’urée, prise en charge à Villefranche-sur-Saône, est alors tamisée, pour une meilleure homogénéité du produit final, enrobée, et conditionnée en big bag. De là, elle part directement sur les exploitations ou vers les autres coopératives, comme Terre Comtoise et Eurea en 2016. L’engrais sera commercialisé par les coopératives sous la marque Novius et par les négoces appartenant aux coopératives (Baillet Bredy, Agri Sud-Est) sous la marque Azena.

Fort du succès rencontré, RSE va diversifier sa production en proposant un engrais enrichi en soufre en 2016 (Novius S et Azena S). Si les essais sont concluants cette année, une formule enrichie en acides humique et fulvique sera proposée en 2017.

 

(1) Rhône-Saône engrais est une SAS appartenant à Terre d’Alliances, InVivo et sept autres entreprises d’approvisionnement.