Produits agricoles : la demande devrait ralentir dans les 10 ans

Dans les dix années à venir, les prix mondiaux des produits alimentaires de base devraient se maintenir à un niveau bas, sous l’effet d’un ralentissement de la demande dans plusieurs économies émergentes et d’un affaiblissement de l’impact des politiques bioénergétiques sur les marchés. Voilà les conclusions de la dernière édition des Perspectives agricoles de l’OCDE et la FAO, publiée le 10 juillet dernier.

La reconstitution des stocks de céréales (230 Mt) ces dix dernières années, ajoutée à l’abondance des stocks de la plupart des autres produits de base, devrait également concourir à contenir la hausse des prix mondiaux, lesquels ont aujourd’hui pratiquement renoué avec les niveaux d’avant la crise des prix alimentaires de 2007-08.

Selon le rapport, la demande par habitant de produits alimentaires de base stagnera, sauf dans les pays les moins avancés. Les apports supplémentaires de calories et de protéines devraient provenir essentiellement des huiles végétales, du sucre et des produits laitiers, alors que la demande en viande devrait mollir.  D’après les projections, la croissance de la production végétale résultera principalement de l’amélioration des rendements, laquelle contribuera à hauteur de 90 % à la hausse de la production de maïs, les 10 % restants étant à mettre au compte de l’accroissement des superficies.

Dans les secteurs de la viande et des produits laitiers, la croissance de la production devrait reposer à la fois sur l’augmentation de la taille des troupeaux et sur une production par tête plus élevée. La hausse de la production de lait s’accélérera par rapport à la précédente décennie, surtout en Inde et au Pakistan. 

Voici quelques résultats supplémentaires des projections du rapport de l’OCDE :

  • Les vastes groupes à bas revenu contiendront la croissance de la demande de viande par habitant à seulement 1 % pendant les dix années considérées, contre 6 % durant la précédente décennie.
  • La demande de sucre par habitant devrait connaître une augmentation plus rapide, de 8.1 % pendant les dix prochaines années, contre 5.6 % durant la précédente décennie.
  • L’Inde devrait devenir le pays le plus peuplé en 2026. Comme la consommation de lait par habitant y est élevée et continue d’augmenter, elle devrait contribuer à hauteur de 42 % à la hausse de la production mondiale de lait dans la décennie à venir.
  • La production de biocarburants devrait progresser de 17 % pendant les dix prochaines années, contre 90 % durant la précédente décennie.
  • 85 % de l’augmentation de la production de blé et 90 % de celle de maïs seront à mettre au compte de l’amélioration des rendements, les superficies cultivées gagnant 2 %. A l’inverse, les projections font état d’un accroissement de 14 % de la superficie en soja, principalement en Amérique du Sud, lequel explique environ 60 % de l’augmentation de la production mondiale.
  • En 2026, les produits de la pêche et de l’aquaculture compteront pour la moitié de la consommation de protéines animales en Chine et en Asie du Sud-Est.
  • D’après les projections, la production totale de l’aquaculture dépassera celle de la pêche au milieu de la période couverte par les Perspectives.