Pétrole

Le Venezuela au bord de la faillite

Luzitanija-Fotolia
Luzitanija-Fotolia

Parmi les éléments macroéconomiques et géopolitiques à surveiller dans les prochains mois, le Venezuela, qui semble être la première victime d’une crise pétrolière qui dure, indiquait le cabinet Offre et demande agricole à l’occasion d’un point marché le 16 juin dernier à Rouen. Le Venezuela détient les plus gros stocks pétroliers du monde. Le problème réside dans ses coûts d’extraction et de transformation, parmi les plus chers : certains spécialistes estiment que le pétrole vénézuélien n’est rentable qu’à un prix de baril supérieur à 45 dollars.

Les caisses sont vides

Or, le pays tire 96% de ses devises grâce au pétrole. Aussi, le Venezuela est au bord du chaos économique, la population victime d’un régime, d’abord celui d’Hugo Chávez puis de Nicolás Maduro, qui n’a rien fait pour diversifier les sources de revenus du pays en ne misant que sur le business du pétrole. Les caisses sont vides, la population doit faire face à une grave crise économique, politique et énergétique. Coupures d’électricité, tickets de rationnement, augmentation de plus de 1000% du prix du carburant… sont le quotidien des Vénézuéliens.

Pour faire face, l’État tente de limiter l’activité de ses administrations, trois jours chômés par semaine, et limite la durée du travail à six heures quotidiennes. Les députés ne sont plus payés. Et, fait plus anecdotique, pour tenter d’économiser l’énergie, le gouvernement a décidé d’un changement de fuseau horaire pour pouvoir bénéficier d’une durée de jour plus longue.

Le Venezuela est victime de la guerre fratricide à laquelle se livrent USA et Arabie saoudite sur le pétrole, aucun n’acceptant de réduire sa production… Dans ce contexte, une procédure de destitution de l’actuel président Nicolás Maduro est en cours. Les prochains mois devraient être décisifs pour le pays.

 « Le monde n’a plus peur de manquer de pétrole »

Si le Venezuela paie les frais de son hyperdépendance au pétrole, d’autres grands pays producteurs prennent les devants. Pour preuve, l’Arabie Saoudite a annoncé fin avril la création d’un fonds souverain de 2000 milliards de dollars. Objectif : diversifier ses sources de revenus par des investissements ailleurs que dans le pétrole. Ce fonds sera constitué pour une part par l’argent du royaume et par la vente de 5% de l’opérateur public pétrolier Aramco. Signe des temps !

« Finalement, aujourd’hui, le monde n’a plus peur de manquer de pétrole, mais des bras de fer géopolitiques monstrueux font la pluie et le beau temps sur ce marché. Quoi qu’il en soit, il semble peu envisageable dans les mois qui viennent d’assister à une forte hausse du baril. Pour résumer, avant 2014, le support (niveau de prix sur lequel le prix butte à la baisse) était à 90 dollars, désormais la résistance (niveau de prix sur lequel le prix butte à la hausse) est à 60 dollars. Sachant que le seuil de rentabilité des huiles est estimé à 70 dollars », conclut Didier Nedelec, directeur d’ODA.