Perturbateurs : 50 à 60 molécules sur la sellette

La consultation publique de la Commission européenne sur les perturbateurs endocriniens s’est terminée le 16 janvier. A cette occasion, Euractiv a interviewé Jean-Charles Bocquet, directeur général de l’association européenne de protection des plantes (ECPA).

Selon lui, si la consultation publique est une bonne chose, le processus de réglementation sur les produits de protection des plantes et des produits de la réglementation biocide n’avance pas assez rapidement… « Et ce n’est pas l’ECPA qui a travaillé à faire ralentir l’avancement du processus ! », précise-t-il.

« Les perturbateurs endocriniens sera le sujet crucial des prochains mois, indique Jean-Charles Bocquet. L’ECPA prend une part active dans les débats, et défend sa position, à savoir celle-ci : le critère choisi par l’Union européenne doit évaluer les perturbateurs endocriniens en mesurant les risques, en tenant compte à la fois de l’exposition et du danger. Le critère final devra clairement distinguer les substances réellement préoccupantes des autres. »

Jean-Charles Bocquet met en avant le travail effectué par les fournisseurs de l’agrochimie : ils ont réduit le nombre de molécules sur le marché européen et travaillent avec 400 molécules à ce jour, contre un millier vingt ans plus tôt : « Elles représentent moins de risques et répondent aux besoins des agriculteurs et des consommateurs. Nous pensons que la nouvelle réglementation européenne peut amener la disparition de 50 à 60 substances actives, alors qu’il n’y a pas de raisons évidentes selon nous. »

L’ECPA a identifié ces molécules : « certaines apportent des solutions techniques très utiles à l’agriculteur et nous n’avons pas encore trouvé de solutions alternatives », indique le directeur général, qui revendique une approche pragmatique, basée sur l’utilisation.

 « Nous ne nous attendons pas à ce que les critères soient validés par la Commission, le parlement et le conseil européen avant la fin 2016. D’ici là, les débats continueront », conclut Jean-Charles Bocquet.