Lin textile

Les usines de teillage à l’arrêt pendant le confinement

Les 22 entreprises de teillage français ont progressivement suspendu leur activité de transformation entre le 17 et le 20 mars dernier. Photo : reynald lassire/Adobe Stock
Les 22 entreprises de teillage français ont progressivement suspendu leur activité de transformation entre le 17 et le 20 mars dernier. Photo : reynald lassire/Adobe Stock

C’est toute la filière du lin textile qui est impactée par la crise sanitaire du Covid-19. Le marché de l’habillement, non prioritaire en cette période, est en chute, ce qui impacte les teilleurs. Depuis le confinement, les 22 entreprises de teillage français ont suspendu leur activité de transformation.

« Dans un contexte sanitaire et réglementaire qui évolue chaque jour, les exploitations agricoles et les teillages doivent réorganiser leur activité tout en assurant leur sécurité et celle de leurs salariés », détaille Sophie Mayer, déléguée générale du Cipalin et secrétaire générale du Festal, début avril.

La transformation de fibre de lin à l’arrêt

Les 22 entreprises de teillage français ont progressivement suspendu leur activité de transformation entre le 17 et le 20 mars dernier. La priorité était de préserver avant tout la santé de leurs salariés. Au 1er avril, dans les départements liniers, Seine-Maritime, Eure, Calvados, Somme, Oise, Aisne, Nord, Pas-de-Calais, Seine-et-Marne, aucun teillage n'a repris ses activités. Dans ce contexte, le teillage français n'envisage pas de reprendre à très court terme.

Selon le Cipalin, les stocks constitués sont de 20 500 tonnes de fibres teillées au 1er mars 2020, soit un mois et demi de production.

« Dans le contexte de crise sanitaire actuel, il est très important que nos usines de teillage restent à l'arrêt durant toute la période de confinement, explique Marc Depestele, du Groupe Depestele. Tant que nos carnets de commandes et ceux de nos clients ne se reconstitueront pas, il faudra rester très vigilant sur le redémarrage progressif de nos teillages. »

Des ajustements pour les semis

Cette crise mondiale et ses répercussions sur l’activité des teillages en France ont inévitablement des conséquences sur le secteur agricole. Pour 2020, une nouvelle hausse de plus de 15 % des surfaces emblavées par rapport à 2019 est pressentie, soit plus de 135 000 ha en France. Alors que la période de semis bat son plein, seuls quelques ajustements peuvent être encore réalisés pour limiter cette forte croissance des emblavements.

« Les liniculteurs peuvent notamment réduire les surfaces emblavées en laissant les fourrières nues de lin et les semer avec un autre couvert végétal (trèfle, moutarde...), conseille le Cipalin dans un communiqué du 3 avril. Impérativement semées, ces fourrières pourraient alors être classées en SIE et éligibles aux primes PAC, sous certaines conditions. »

Les filateurs en difficulté

Qu’en est-il du côté des filateurs ? L'économie mondialisée de la filière lin se trouve fortement impactée par la crise mondiale du coronavirus avec 90 % de ses débouchés dans le secteur textile. Les filateurs, principaux clients des teilleurs, se trouvent en difficulté.

« Si les filateurs chinois ont repris une activité partielle, les filateurs indiens sont à l'arrêt suite aux mesures de confinement décrétées par les autorités et entrées en vigueur en date du 25 mars », indique le Cipalin.

En Europe, les filatures polonaises, lituaniennes et italiennes sont soit à l'arrêt soit en activité réduite.

Le marché de l’habillement en chute drastique

Avec 177 pays et territoires touchés par la maladie et près de 50 % de la population mondiale en confinement au 1er avril 2020, les ventes des biens de consommation non prioritaires sont ainsi en chute drastique.

« Une compensation des achats sur Internet ne compensera pas cette baisse, d’autant que le lin est une fibre encore essentiellement associée à la mode printemps/été dont les ventes se jouent entre mars et mai », précise le Cipalin.

 

Le lin fibre français en chiffres :

-121 569 hectares cultivés en France en 2019

-145 000 tonnes de fibres longues produites en France

-5 000 exploitations agricoles

-22 teillages employant plus de 1 000 salariés