Lin fibre

L’excellence semencière récompensée

Jérôme Lheureux, président de la section lin et chanvre ; Agrial, union Seliance ; Thierry Goujon, directeur de Terre de lin ; Brygo ; Terre de lin. Photo : Gnis
Jérôme Lheureux, président de la section lin et chanvre ; Agrial, union Seliance ; Thierry Goujon, directeur de Terre de lin ; Brygo ; Terre de lin. Photo : Gnis

Culture confidentielle à l’échelle nationale, la culture du lin fibre fait partie intégrante de la culture normande, et pour cause : 50% des surfaces cultivées en France le sont en Normandie (Calvados, Eure, Seine-Maritime). Le 10 novembre dernier, le Gnis donnait donc rendez-vous au cœur de la vallée du Dun, dans le fief de la coopérative Terre de lin en Seine-Maritime, pour évoquer notamment un maillon de la chaîne : les semences. En 1982, le taux d’utilisation des semences françaises de lin était d’environ 28% des besoins. L’essentiel des approvisionnements se faisait via la Belgique et les Pays-Bas.

« Mais grâce au travail réalisé par la filière, ce sont aujourd’hui 90% des semences certifiées françaises qui sont utilisées par les liniculteurs », se réjouit Jérôme Lheureux, président de la section lin et chanvre au Gnis et producteur en Seine-Maritime.

Cette journée avait aussi comme point d’orgue la récompense des quatre entreprises lauréates de la charte « Maître semencier lin », à savoir l’union Seliance (l’union de commercialisation des coopératives Cap Seine et Noriap), les coopératives Agrial et Terre de Lin, et l’entreprise Brygo SARL. Cette charte engage les entreprises dans une démarche continue d’amélioration.

Démarche de progrès


L’Europe (France, Pays-Bas, Belgique) produit 80 % des fibres de lin de qualité au niveau
mondial. Le chiffre d’affaires de la filière française de lin textile est de 200 millions d’euros. DR

« L’objectif pour la filière est de fournir aux liniculteurs des semences certifiées de lin high tech dans le respect du développement de tous les maillons de la filière semence de lin. Les professionnels ont entrepris cette démarche volontaire d’amélioration des process pour dépasser tout ce qui est normatif en amenant un service technique, qualitatif et logistique aux agriculteurs par rapport à leurs besoins », indique Benoit Lafineur, responsable communication semences de lin au Gnis.

En signant cette charte, l’entreprise s’engage à réaliser tous les ans une autoévaluation de son savoir-faire de semencier, des analyses de contrôle de qualité, et à se fixer des objectifs d’amélioration concrets qui seront vérifiables et vérifiés l’année suivante par le Gnis.

Et la semence de lin n’est pas une semence comme les autres, indique Cyril Delacroix, producteur de semences et responsable semences à la coopérative Terre de lin.

« Le facteur de multiplication est très faible : pour 100 kg/ha semés, on récolte 700 kg/ha de graines. La culture exige une rotation tous les six à sept ans. Autre difficulté, il faut pouvoir produire de la semence tout en produisant de la fibre. Un producteur doit donc faire attention aux deux productions sur une même culture, ce n’est pas toujours facile. Et l’étape de récolte de la semence, l’écapsulage, est particulièrement délicate. Elle nécessite du matériel spécifique qui permet de récolter la graine sans endommager la fibre d’ores et déjà arrachée et posée sur le sol pour l’étape de rouissage. »

Aujourd’hui, la filière française produit 74000 quintaux de semences certifiées de lin high tech sur 15000 hectares et compte 800 agriculteurs-multiplicateurs.

Pour Jérôme Lheureux, ce type de démarche est un contrat de progrès, une démarche dynamique et une manière de progresser ensemble. Cyril Delacroix insiste pour sa part sur le fait que cette démarche permet les échanges, le dialogue mais aussi de formaliser et structurer tous les points d’amélioration, cela responsabilise les hommes. Enfin, pour Philippe Brygo de l’entreprise Brygo SARL, « le point de départ d’une telle démarche est bien sûr l’homogénéisation des pratiques pour que chaque liniculteur soit pleinement satisfait du matériel semencier qu’il achète. »