La filière orges brassicoles planche sur le climat

Lors du 21ème colloque orges brassicoles organisé par Arvalis à Paris le 11 avril 2019, 200 participants ont échangé sur le changement climatique et les solutions et souligné la volonté de collaboration active entre les acteurs de la filière. On enregistre une stagnation du rendement moyen national depuis 20 ans (66q/ha en 2017). Le « manque à gagner » est estimé à - 10 à – 15 q/ha en cumul sur toutes ces années, indique Arnalis.

Les agronomes de l’institut technique estiment que le changement climatique est responsable pour moitié de cette tendance. De plus les aléas climatiques sont erratiques d’une année sur l’autre et les rendements très fluctuants. D’après Groupama, depuis 2008 le montant des indemnités pour sinistres sur les orges s’élève à 120 millions d’euros pour ce groupe d’assurance, avec une forte variabilité interannuelle, dans un rapport de 1 à 10.

La filière anticipe afin de développer des solutions. Contrairement à d’autres pays, la France produit aussi bien des orges d’hiver que des orges de printemps. Vis-à-vis du climat c’est un atout puisque les deux espèces ne sont pas exposées de la même manière ou au même moment aux éventuels excès climatiques. De plus, la recherche variétale en orges brassicoles française est réputée comme une des meilleures du monde et la gamme de précocité est large, indique Arvalis. Parmi les évolutions des pratiques, il faut aussi noter le décalage des dates de semis pour éviter les stress, ou l’utilisation d’OAD pour piloter finement la fertilisation azotée. Côté recherche, le comité recherche R&D de la filière a démarré ses travaux depuis 8 mois, notamment le programme appelé PROSIT, financé dans le cadre du FSOV et associant tous les acteurs de la filière, cherche à trouver les clés du déterminisme de la qualité des protéines, critère important pour réussir à fabriquer de la bonne bière.