Filière semences certifiées 2017

Les semences françaises ont toujours la cote

Les surfaces de multiplication de maïs et de céréales à paille sont en baisse. © Freestocker/Fotolia
Les surfaces de multiplication de maïs et de céréales à paille sont en baisse. © Freestocker/Fotolia

L’heure est au bilan annuel pour la filière semences certifiées. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la France reste un des leaders mondiaux du secteur : « La France est toujours premier producteur de semences de l’Union européenne et premier exportateur mondial, devant les États-Unis et les Pays-Bas, expliquait Xavier Martin, délégué régional Gnis Centre. La balance commerciale a encore progressé de 5,6% cette année. Ceci s’explique par la stabilité des importations de semences certifiées et par la hausse de 3,1% des exportations, notamment sur les pays tiers. 70% des exportations concernent néanmoins toujours l’UE, dont l’Allemagne est le premier client ».

Parmi les filières porteuses à l’export, on retrouve les semences d’oléagineux, de potagères ou encore les plants de pommes de terre. L’attrait pour le plant de pomme de terre français s’explique par « le savoir-faire sanitaire et la bonne structuration de la filière française, selon Xavier Martin. Cette sécurité ouvre les marchés, dont le Moyen-Orient. » À l’inverse, la semence certifiée de maïs a connu un léger déclin : « Les volumes se contractent depuis le record de 2014, ajoute le délégué régional du Gnis. À cette époque, les surfaces étaient bien au-dessus de la demande, environ 90000 ha. Alors qu’en général, il faut 60000 à 65000 ha pour satisfaire le marché intérieur et l’export. La filière est donc repassée sous les 60000 ha pour éponger les stocks ».

Les régions du GNIS. DR

Sur la région Centre (voir carte ci-contre), plus de 53000 ha ont reçu des parcelles de multiplication de semences, soit 13,9% de la surface de multiplication française : « Beaucoup d’entreprises viennent produire des semences en région Centre, explique Xavier Martin. C’est une zone à fort potentiel et la technicité est au rendez-vous. 1347 variétés y ont ainsi été produites en 2017, pour un volume d’un million de quintaux ».

Aussi, le Gnis a fait remarquer une évolution des surfaces intéressante : « Les surfaces de production de semences de céréales à paille ont diminué de 5%. La mauvaise récolte de 2016 a entraîné des problèmes de trésorerie chez les agriculteurs, qui pour certains n’ont pas pu acheter des semences certifiées ». Côté protéagineux, les surfaces sont en hausse de 9%, même si l’interdiction des produits phytosanitaires sur les SIE pourrait inverser la tendance. Les surfaces de semences de fourragères et gazon connaissent une hausse de 16%. Quant aux surfaces d’oléagineux semences, elles sont toujours au plus bas: « La région est 1re ou 2e productrice d’oléagineux de consommation, explique Xavier Martin. Mais les besoins en isolement des parcelles de multiplication sont trop importants pour les multiplier ici. Le risque de pollution est trop important pour les semenciers ». Concernant les potagères, la surface de multiplication « se stabilise dans son record, poursuit le délégué régional. Ces espèces sont de véritables opportunités pour les multiplicateurs de la région, même si elles ne sont pas simples à produire. Cette difficulté et le risque encouru rendent les cultures, de fait, très rémunératrices ».

Enfin, les surfaces de multiplication du maïs et du sorgho continuent de baisser, comme au niveau national.

 

Semences certifiées en France : les chiffres de 2017

  • CA total : 3,3 milliards d’euros
  • CA export : 1,6 milliard d’euros
  • Balance commerciale : 959 millions d’euros
  • 70 entreprises de sélection / 246 entreprises de production / 778 sites de production agréés
  • 19 116 multiplicateurs (2 346 en région Centre)
  • 383 000 ha de multiplication (53 484 ha en région Centre)

 

Source : Gnis Centre