Digifermes

Institut technique recherche start-up innovantes

Gérald de Cosnac de Terres Inovia, Joël Merceron de l'Institut de l'élevage, Jacques Mathieu d'Arvalis - Institut du végétal, et Lucie Viou de l'ITB ont signés la convention de partenariat pour les Digifermes. Photo : A.Cotens/Pixel Image
Gérald de Cosnac de Terres Inovia, Joël Merceron de l'Institut de l'élevage, Jacques Mathieu d'Arvalis - Institut du végétal, et Lucie Viou de l'ITB ont signés la convention de partenariat pour les Digifermes. Photo : A.Cotens/Pixel Image

Les deux Digifermes d’Arvalis - Institut du végétal seront opérationnelles pour la campagne 2016-2017. En partenariat avec l’Institut de l’élevage, l’ITB (Institut technique de la betterave) et Terres Inovia, ces exploitations ont pour but d’évaluer de nouvelles technologies numériques en conditions réelles.

L’une, située à Boigneville (91) et dédiée aux grandes cultures, comprend 130 hectares de SAU, dont une partie en bio et une autre en semis sous couvert. L’autre station se trouve à Saint-Hilaire-en-Woëvre (54), en zone mixte de polyculture-élevage. Elle compte 55 vaches charolaises et 170 places en engraissement. Ces expériences doivent aider à piloter les exploitations agricoles avec plus de précision, selon Jacques Mathieu, directeur d’Arvalis - Institut du végétal : 

« L’agriculture est un domaine d’application privilégié des utilisations du numérique. Outils d’aide à la décision, capteurs d’état du végétal ou des animaux, robots, outils de l’agriculture de précision… Ces technologies sont porteuses d’innovations. Elles peuvent permettre aux agriculteurs d’allier compétitivité, respect de l’environnement et meilleures conditions de travail. »

Les instituts techniques ont donc fixé plusieurs objectifs pour les prochaines années. Tout d’abord travailler sur la collecte simplifiée des données dans les exploitations, avec par exemple des lunettes connectées développées par Adventiel. Les instituts s’attacheront aussi à développer des capteurs connectés au champ et sur les animaux. Deuxième axe de travail, l’interopérabilité des objets connectés et des données qu’ils fournissent, explique Afsaneh Lellahi, directrice de la région Centre pour Arvalis :

« L’avancée de ces technologies dépend de leur interopérabilité. Nous allons créer des modèles plus robustes et plus précis pour agréger les données obtenues par les différents capteurs et outils numériques. La finalité est d’intégrer ces modèles dans les outils d’aide à la décision des agriculteurs. Parallèlement, nous avons mis en place le projet Multipass, une plateforme pour garder la maîtrise de l’information. Elle permettra de simplifier et éviter les doubles saisies, mais aussi de fédérer l’authentification des données. »

Co-innover avec les entreprises du numérique

Il s’agira aussi et surtout de co-innover avec les entreprises du numérique. Dans une logique de recherche ouverte, les Digifermes se veulent collaboratives, souligne Jacques Mathieu :

« En plus d’être des plateformes de démonstrations et d’essais, les Digifermes seront un lieu pour tester les idées nouvelles et les prototypes. Nous souhaitons faire passer les inventeurs du concept à la pratique. Dès 2016, une série de projets a été engagée avec des start-up et des entreprises innovantes. »

Le but est donc d’aider les inventeurs à faire mûrir les innovations qui pourront être utiles aux producteurs et démontrer leur opérabilité. En 2016, par exemple, Arvalis testera des capteurs connectés pour collecter et transmettre en continu les données du sol, de l’air et des plantes pour aider au pilotage de la fertilisation et de l’irrigation. Ces capteurs, développés avec une start-up associée à un grand constructeur de capteurs, transmettront l’état quotidien des parcelles vers un cloud privé.

Les résultats de ces différents essais seront communiqués au fur et à mesure. Une série d’événements est programmée sur les deux sites, dont un premier le 15 juin à Saint-Hilaire-en-Woëvre.