Cooptain (Drôme)

Une station collective pour les effluents phyto

Le procédé Phytopur a été choisi pour son efficacité et sa moindre dangerosité pour le personnel. Photo : I. Aubert/Pixel image
Après collecte chez les adhérents, les effluents phyto sont traités par osmose inverse. Photo : I. Aubert/Pixel image

Cela fait maintenant deux ans que la station de traitement des effluents phytosanitaires de Cooptain est opérationnelle. Elle vient pourtant seulement d'être inaugurée officiellement. Et pour cause, l'autorisation au titre des installations classées est arrivée en novembre 2014, après deux ans de délai administratif et 42 kg de papier déposés en Préfecture !  Un chantier qui n'a donc pas été de tout repos pour la petite coopérative d'approvisionnement (CA 2013 : 3,1 M€, 10 salariés) de la région de Tain-L'Hermitage (Drôme).

«Cet outil correspond à la volonté de tous de produire le plus propre possible», indique Jean-François Vassy, président de Cooptain. La coopérative a accepté de porter le projet dès 2008. Rapidement, les partenaires (communauté de communes du pays de Tain, chambre d'agriculture, Agence de l'eau RMC et Cooptain) se sont orientés vers un système à double entrée :

  1. un réseau de plateformes de remplissage/lavage de pulvérisateurs, situées sur les exploitations agricoles,
  2. et une station collective unique de traitement des effluents, située au siège de la coopérative.

L'installation a coûté 200000 € à la coopérative, auxquels il faut déduire les aides du Feader et de l'agence de l'eau RMC à hauteur de 80% du montant total. Mais Cooptain a surtout investi de nombreuses heures de travail pour suivre le dossier, notamment pour obtenir les diverses autorisations administratives.

Un abonnement + un prix au m3

À ce jour, une soixantaine d'aires ont été construites. Sur celles-ci, une trentaine d'exploitations a choisi de faire traiter les effluents par Cooptain. La contractualisation n'est d'ailleurs pas réservée aux seuls adhérents. La coopérative a demandé un engagement pour cinq ans, avec un abonnement annuel de 80 €. Puis les exploitations sont facturées en fonction de leurs apports, à raison de 84 €/m3 d'effluent. Une exploitation livre en moyenne 3 m3/an. La station a été dimensionnée pour traiter 500 m3/an. Un des intérêts mis en avant par les souscripteurs est la facilité d'usage du système : ils n'ont plus à se soucier de l'élimination de leurs effluents. Ils savent qu'ainsi, ils répondent à la réglementation.

Deux fois par an (juin-juillet et novembre-décembre), les effluents sont pompés chez les adhérents et transportés dans des containers plastique agréés de 700 l. Les chauffeurs sont formés à cet effet et disposent du permis de transport de marchandises dangereuses par route. 

Une fois sur le site, les effluents sont stockés dans deux cuves enterrées (2 x 30 m3) à double paroi, puis floculés et traités par osmose inverse (procédé Phytopur). 

L'eau traitée est rejetée, après analyses, vers la station d'épuration de la ville, en accord avec la société d'exploitation. Périodiquement, le fond de cuve sera éliminé par une filière industrielle spécialisée.