Céréales à paille, un potentiel qui s’est fortement dégradé

Invité à la conférence de presse du conseil spécialisé des céréales de FranceAgriMer, Jean-Paul Bordes, chef du département recherche et développement d’Arvalis a dressé un premier bilan de la campagne 2015/2016 “d’une très bonne année possible, on va sans doute aboutir à un rendement national inférieur à la moyenne des 5 dernières années” a-t-il indiqué en guise d’introduction.

Début mai, tout laissait penser que la récolte serait à nouveau exceptionnelle, mais la météo anormalement fraîche et pluvieuse des mois de mai et juin ont fortement compromis le potentiel. “ le déficit de rayonnement qui a duré plusieurs dizaines de jour à fortement pénalisé le processus de photosynthèse, ce qui a impacté le remplissage des grains” détaille le spécialiste.

Par ailleurs, la douceur de l’hiver n’aura pas permis la régulation des pucerons vecteurs de viroses, JNO de l’orge notamment qui aura des impacts non négligeables sur les cultures d’orge et de blé.

Le complexe sanitaire sur les feuilles et les épis est aussi très prégnant. Autre souci, le salissement des parcelles, “le nombre de jours où les agriculteurs ont pu intervenir a été limité, il convient donc d’être très vigilant dès la moisson pour les campagnes à venir” a précisé Jean-Paul Bordes.

Pour le blé tendre, ce premier diagnostic permet d’affirmer que les rendements devraient être inférieurs à la moyenne quinquennale, avec une forte hétérogénéité inter et intra régionale. En orge d’hiver, le diagnostic serait similaire “les cultures sont impactées par le phénomène de stérilité des épis, les PS et calibrages risquent d’être faibles a très faibles” a indiqué le responsable.

En revanche, concernant le taux de protéines, pour Jean-paul Bordes, “ les conditions de l’année ont permis une très bonne valorisation des apports”. Le potentiel ayant été largement revu à la baisse, possible qu’il y ait de bonnes surprises sur ce point.

Rémi Haquin, président du conseil céréales de FranceAgriMer a conclu en précisant que les céréaliers risquaient de traverser une année difficile sur le plan économique cumulant les faibles rendements et les prix très bas.