BASF France Agro

Lutte contre l’ambroisie : les réflexes à adopter

La quasi-totalité des régions métropolitaines est désormais concernée par l’ambroisie, espèce invasive au pollen très allergisant. Photo : Inra - MR Agroécologie - Observatoire des ambroisies
La quasi-totalité des régions métropolitaines est désormais concernée par l’ambroisie, espèce invasive au pollen très allergisant. Photo : Inra - MR Agroécologie - Observatoire des ambroisies

Alors que les cultures d’hiver arrivent à maturité, Céline Douville, responsable filières cultures industrielles de BASF France Agro, rappelle les bons réflexes à adopter en cette période de l’année en matière de lutte contre l’ambroisie. La vigilance est de mise alors que des études montrent que cette plante invasive et allergisante est désormais présente dans presque toutes les régions françaises.

« Ambroisie : plus de 90 % des départements concernés. Agissons ! » : tel est le message qui a été adressé conjointement par les ministères de la Santé et de l’Agriculture à l’occasion de la journée internationale de lutte contre l’ambroisie, le 27 juin. Quelles sont les raisons de ce cri d’alarme ?

Céline Douville, responsable filières cultures industrielles de BASF France - Division Agro : entre 2011 et 2014, le nombre de départements français où la présence de l’ambroisie est considérée comme préoccupante a doublé. La quasi-totalité des régions métropolitaines est désormais concernée par cette espèce invasive originaire d’Amérique du nord au pollen très allergisant.

En Rhône-Alpes, région la plus touchée en France, l’Agence régionale de santé a mené en 2014 une étude pour mesurer la proportion de la population touchée par l’allergie à l’ambroisie. La précédente étude datait de 2004. Les résultats sont alarmants : un quart des ménages rhônalpins comprend aujourd’hui au moins un cas d’allergie au pollen d’ambroisie. En dix ans, le taux de ménages avec au moins un cas d’allergie a significativement augmenté, passant de 19 à 25%. Il double presque pour les zones les plus exposées (de 22 à 39%).

Face à cette situation préoccupante, les pouvoirs publics rappellent que la destruction des plants d’ambroisie doit être engagée avant le démarrage de sa floraison (mi- juillet).

 


Selon Céline Douville de BASF, pour obtenir des résultats satisfaisants, il est nécessaire d’intervenir non seulement pendant la période de culture, mais aussi dans les périodes d’interculture, et plus largement à l’échelle de la rotation. DR

Comment contrôler l’ambroisie dans la rotation ?

C.D. : Dans la lutte contre l’ambroisie, les agriculteurs sont des acteurs majeurs, car les zones agricoles figurent parmi les terrains de prédilection pour le développement de l’ambroisie. L’ensemble de la profession sait qu’il est impossible de la contrôler avec des stratégies de désherbage à court terme. Pour obtenir des résultats satisfaisants, il est nécessaire d’intervenir non seulement pendant la période de culture, mais aussi dans les périodes d’interculture, et plus largement à l’échelle de la rotation.

Le mois de juillet est un moment crucial. Alors que la récolte des cultures d'hiver est bien avancée (blé, orge, colza), il faut se préparer à observer et intervenir dans les parcelles infestées. Car l’ambroisie ne se développe pas uniquement dans les cultures de printemps : on la retrouve aussi dans les céréales ou le colza. À la récolte, si l’on n’intervient pas, elle a ensuite le champ libre pour se développer pendant toute la période d’interculture.

Face à la présence d’ambroisie au moment de la récolte des cultures d’hiver, quels sont les bons réflexes à adopter pendant l’interculture ?

C.D. : Le premier consiste à pratiquer un déchaumage juste après la récolte. Soit sous forme d’une intervention mécanique : il est recommandé d’effectuer deux passages à deux ou trois semaines d’intervalle. Soit sous forme chimique (avec un herbicide non sélectif) : cette solution est fortement conseillée s’il y a présence conjointe d’adventices vivaces.

Deuxième réflexe : surveiller les bordures et abords des parcelles (talus, chemins, fossés…). En présence d’ambroisie, on procédera à un broyage ou à un fauchage de la végétation (hauteur de coupe de 2 à 6 cm, à renouveler si nécessaire).

Enfin, s’il est prévu d’implanter un couvert ou une culture intermédiaire de type Cipan en interculture, il convient de respecter les pratiques suivantes :

  • semis précoce : sur sol déchaumé ou désherbé;
  • couvert à implantation rapide et à fort pouvoir couvrant;
  • semis à forte densité.

Dans tous les cas, il est important de vérifier les arrêtés spécifiques en vigueur pour s’assurer des mesures de gestion possibles si l’ambroisie se développe dans le couvert implanté.

Une bonne gestion de l’ambroisie en interculture permettra d’éviter la dissémination du pollen, de limiter au maximum le stock de graines d’ambroisies dans les parcelles, et donc de partir d’une situation plus saine pour l’implantation de la culture suivante.