Axéréal Cavap

Un terminal fluvial innovant

Inauguration du terminal fluvial Axéréal Cavap. Photo : S. Seysen/Pixel Image
Inauguration du terminal fluvial Axéréal Cavap. Photos : S. Seysen/Pixel Image

La Cavap et Axéréal ont inauguré le nouveau terminal fluvial de Montereau-Fault-Yonne. Une installation présentée par le directeur d’Axéréal Philippe de Raynal comme « une machine de guerre à l’export ». À terme, 200000 tonnes pourraient transiter chaque année par cette installation qui représente pour les deux coopératives un investissement de 4,5 millions d’euros.

L’inauguration ce 29 octobre du terminal fluvial de Montereau-Fault-Yonne est l’aboutissement de près de dix ans d’études. Le site est le septième étudié et le seul qui permettait d’intégrer tous les paramètres à la fois techniques, logistiques et financiers.

« Il était essentiel de désenclaver notre région, explique Baudouin Delforge, directeur général du groupe Cavap. L’Yonne n’étant pas à grand gabarit, il nous fallait un accès à la Seine. C’est un projet commun porté avec Axéréal. Un tel investissement se doit d’être rentable. Il doit correspondre à des objectifs. Dans un premier temps, ce sont 160000 tonnes qui seront chargées, avec un objectif à terme de 200000 tonnes. »

Le site est une ancienne friche industrielle du fabricant d’engrais Yara située au confluent de l’Yonne et de la Seine dans le domaine portuaire de Montereau, où la hauteur d’eau est quasiment stable toute l’année. Cette plateforme multimodale permet de charger des péniches de 1000 tonnes et plus.

L’infrastructure existante ne pouvait être significativement modifiée. Le bâtiment permet de stocker 3500 tonnes de blé dans quatre cases à fond plat. Quant au quai, il ne mesure que 80 mètres et les péniches ne peuvent à cet endroit se déplacer pendant le chargement. Pour toutes ces raisons, un an et demi d’études a été nécessaire à la conception d’équipements de reprise, de convoyage et de chargement adaptés au site et performants. Un repreneur de produits en vrac automatisé a été conçu sur mesure pour le bâtiment. Il fait appel à une technique précédemment utilisée pour les pommes de terre et les artichauts et adaptée pour l’occasion aux céréales. Sur le quai, le poste de chargement est constitué d’une tourelle mobile reliant le manche de versement dans la péniche et le tapis convoyeur.

« La mise au point de ces innovations par le bureau d’études a été guidé par plusieurs axes : contenir le montant des travaux, limiter le bruit et les poussières et offrir un confort de travail », précise Baudouin Delforge.

 

repreneur automatisé
Le repreneur de produits vrac automatisé : deux diabolos tournent à chaque extrémité du bras et ramènent le blé au centre, tandis qu’à l’intérieur des disques rotatifs amènent le blé jusqu’à un transporteur à bandes relié aux convoyeurs transportant les grains jusqu’à la péniche.

 

 


L’installation d’un système innovant de convoyeurs pivotants et coulissants permet de charger une péniche en continu et sans nécessiter de modifications du quai de chargement.

Les grains sont livrés par camions ou tracteurs avec un débit maximal de 300 tonnes/heure. À la reprise du stockage, le débit maximal est de 400 tonnes/heure. Le site est également équipé d’un dispositif de nettoyage des grains.

Au total, les deux coopératives disposent de trois sites de chargement situés à Corbeil-Essonnes (91) et à Montereau (77) en amont de Paris, ainsi qu’à Limay (78) en partenariat avec Sévépi en aval de Paris. Leur potentiel fluvial est désormais de 500000 tonnes de céréales.

« C’est un point stratégique pour aller à l’international, conclut Jean-François Loiseau, président d’Axéréal. Dans un premier temps, cela va nous permettre d’améliorer nos livraisons vers Rouen, et à terme nous espérons aussi pouvoir gagner le nord par voie fluviale via le projet de canal Seine-Nord Europe pour atteindre le port de Dunkerque et les ports de Gand et d’Anvers.

Ce dernier a rappelé à cette occasion qu’un projet de fusion de la Cavap et d’Axéréal sera soumis aux adhérents à la fin de l’année.