Animation d’un événement

Choisir le bon intervenant

L’animateur d’une réunion doit être à l’aise  devant son public comme avec les sujets traités. CP : kastoadobe stock
L’animateur d’une réunion doit être à l’aise devant son public comme avec les sujets traités. CP : kastoadobe stock

Et si la capacité d’animer n’était pas une histoire de fonction, mais de talent ? Dès lors, les dirigeants ne seraient pas forcément les mieux placés pour gérer les principaux événements de la vie d’une entreprise. Mais s’ils cédent leur place, n’est-ce pas l’image de la structure qui en pâtit, voire leur autorité ?

« L’étymologie du mot “communication” peut orienter la réflexion sur l’animation de réunions et, encore plus, d’événements annuels incontournables tels que les conventions et les assemblées générales, introduit Jean-Fleury Fayet, directeur de l’agence de communication Droit Devant. Communiquer, car il s’agit bien de cela, vient du latin “communicare” qui signifie partager ses talents. Cette définition nous renvoie donc au savoir-faire de chacun. Le directeur n’est pas forcément la personne la plus à même d’animer une réunion, aussi stratégique soit-elle pour l’entreprise.  » 

Ne pas écraser la réunion

Jean-Fleury Fayet n’affirme toutefois pas qu’un directeur de la distribution agricole doit être totalement absent de ces rendez-vous. Bien au contraire : «  Il doit avoir sa place au sein du dispositif, sans forcément être central. Il est légitime qu’il intervienne pour donner la direction et le ton de la journée. Mais cela peut se traduire par une intervention en introduction, par une présentation ou par une présence à une table ronde. L’objectif est d’affirmer son statut de dirigeant sans pour autant écraser la réunion, surtout s’il n’est pas le plus à l’aise pour réaliser cette prestation.  » Expliqué ainsi, cela paraît évident… Encore faut-il que l’intéressé reconnaisse et admette ses éventuelles carences. S’il y parvient, il pourra choisir de valoriser les talents de son équipe et de s’effacer au profit d’un de ses collaborateurs et/ou parties prenantes, plus compétent pour assurer l’animation efficace d’une réunion. Celle-ci peut donc être confiée à un salarié de l’entreprise qui se sent à l’aise et ayant le talent nécessaire. Une personne qui pratique le théâtre ou l’improvisation dans sa vie privée, par exemple. Il peut aussi très bien s’agir d’un agriculteur adhérent ou d’un client de la structure… Dans ce dessein, il convient pour le dirigeant de l’entreprise de faire émerger les atouts de chacun en amont. Car «  il n’est pas question de casser les codes pour le plaisir de le faire, prévient Jean-Fleury Fayet. Le choix de l’animateur doit être argumenté, expliqué avec “doigté”, en fonction de l’objectif du rassemblement. Ce n’est qu’à cette condition que les participants remercieront les organisateurs de casser les codes. »

L’animateur de telles réunions peut bien évidemment être un intervenant extérieur à l’entreprise, une personne publique en vue… Attention toutefois à ne pas inviter une star uniquement pour l’effet «  waouh  ». «  Même s’il s’agit d’une vedette, il faut que l’intervenant soit préparé, soutient le directeur de l’agence Droit Devant. La personne doit être légitime, ou au moins éclairée sur le sujet évoqué. Il est donc indispensable qu’elle s’implique dans la préparation de l’événement. Elle doit répondre à un cahier des charges précis. Car elle est l’intermédiaire entre la structure – son dirigeant et son service de communication – et le public présent. Il faut faire preuve de discernement. Quel que soit son prix, l’animateur extérieur n’est pas une solution de facilité. Il doit comprendre et abonder sur le ou les sujets qui seront évoqués.  » C’est l’une des conditions indispensables pour faire de la manifestation un véritable marqueur de l’année pour les participants.


Des talents d’animation se cachent au sein même des entreprises.
Un collaborateur qui pratique le théâtre ou l’improvisation dans sa vie privée peut s’avérer
un bon animateur. CP : O.Lévêque/PIXEL6TM

Faire preuve d’utilité

Dans cette même logique, l’événement doit être inédit. Là encore, des intervenants extérieurs peuvent être une solution, du moment qu’ils apportent un regard pertinent aux personnes conviées. «  Nous disposons, depuis quelques années déjà, d’un vivier de personnalités intéressantes pour le monde agricole. Notamment des auteurs d’ouvrages de référence… Actuellement, il y a l’embarras du choix. Cela permet, en outre, de bénéficier d’un véritable renouvellement.  »

À l’heure où tout le monde souffre d’«  infobésité  », les professionnels recherchent lors des réunions où ils sont invités des sujets «  ressourçants  », immédiatement utiles pour leur activité, en mesure d’anticiper l’avenir. Il est donc essentiel de leur apporter des éléments de réflexion et de leur permettre d’analyser les grands sujets d’actualité. «  Dans le monde concurrentiel qui est le nôtre, un rendez-vous, quel qu’il soit, doit être un événement pour espérer attirer son public, affirme Jean-Fleury Fayet. Un événement par son contenu bien sûr, mais, avant cela, par son annonce. Il se doit d’être incontournable avant même d’avoir lieu. L’information doit être à la hauteur de l’organisation en elle-même. Avec tous les outils disponibles aujourd’hui, il est possible pour toutes les structures, même les plus modestes, de se donner les moyens de telles ambitions !  »