Alsace

CAC acquiert le négoce Lienhart SAS

Jean-Michel Habig, président du groupe CAC (à gauche), et Bruno Lienhart, président de Lienhart SAS. Photo : CAC
Jean-Michel Habig, président du groupe CAC (à gauche), et Bruno Lienhart, président de Lienhart SAS. Photo : CAC

Le groupe coopératif haut-rhinois CAC fait l’acquisition du négoce bas-rhinois Lienhart SAS pour servir un même projet : assurer l’avenir de l’agriculture rhénane en créant de la valeur ajoutée, partagée avec les agriculteurs.

Pour Lienhart SAS, il s’agit d’atteindre une taille critique pour faire face aux menaces qui pèsent aujourd’hui sur l’agriculture rhénane, à savoir la baisse des surfaces et des rendements du maïs, en raison de la PAC, du soutien au développement de la méthanisation, de la réduction des produits phytosanitaires et des engrais, et de la problématique des cultures en zones de captage. Or, tous les modèles économiques des organismes stockeurs alsaciens ont été construits sur une sole en maïs relativement importante.

« Pour faire face à toutes ces menaces, soit nous optons pour une diversification massive, ce qui nécessite des investissements importants que nous ne pouvons faire, soit nous misons sur un rapprochement avec un groupe d’une dimension supérieure », explique Bruno Lienhart, président de Lienhart SAS.

Jean-Michel Habig, président du groupe CAC, d’ajouter :

« Nos structures ont le devoir d’anticiper le court terme (les obligations de la prochaine PAC en matière de diversification de la rotation) et le moyen/long terme (répondre aux enjeux auxquels doit faire face l’agriculture rhénane). Il est donc important de trouver des débouchés pour des cultures autres que le maïs et le blé. L’usine de transformation du colza et du soja de Lienhart SAS et son savoir-faire constituent une suite logique à nos réflexions. Nous nous devions de la proposer à nos associés-coopérateurs. »

« Nous travaillons avec la CAC depuis deux ans à l’identification de synergies et sur un projet de filière, poursuit Bruno Lienhart. Certains adhérents de la CAC sont en polyculture-élevage, et la CAC est propriétaire d’un négoce de bovins (Socobeval). De notre côté, nous avons développé une filiale industrielle, Sojameal, pour produire des tourteaux de soja et de colza. L’objectif à l’avenir est de créer des ponts entre les activités des deux groupes pour développer de nouvelles filières. »

La capacité de développement de la CAC et son union de commercialisation franco-allemande ECU qui permettra de vendre au mieux les productions des clients-agriculteurs de Lienhart ont également séduit le négoce. Pour le groupe CAC, l’usine de trituration de Lienhart (Sojameal) permettra de répondre immédiatement au plan de structuration des filières de protéines végétales dans le cadre du Plan de relance du Gouvernement, et de développer la culture du soja et du colza, car les débouchés existent déjà avec ses éleveurs.

Le silo portuaire de Rhinau de Lienhart apporte un accès supplémentaire sur le Rhin pour l’union de commercialisation ECU.

« Avec un million de tonnes, ECU est un acteur important du marché, souligne Jean-Michel Habig. Il le sera encore plus, demain, avec les cent mille tonnes collectées par Lienhart. »

Lienhart restera une filiale 100 % négoce du groupe CAC.

« Nos clients-agriculteurs, nos fournisseurs et nos clients de l’aval retrouveront donc leurs contacts habituels et notre façon de fonctionner », précise Bruno Lienhart.